Les Pyrénéens de Lindt : histoire de Maurice Rozan de Mazilly

C’est bientôt Noël ! Comme chaque année, les magasins sont remplis de bonnes choses à manger que l’on ne voit qu’en fin d’année, comme c’est le cas pour de nombreux chocolats. Dans notre Franprix de quartier habituel, tout un rayon en tête de gondole est consacré  aux Pyrénéens de Lindt, une petite douceur très spéciale, avec cette sensation de fraîcheur qui en fait un chocolat unique dans notre paysage chocolaté, et dotée d’une histoire unique…

Boite de chocolats Les Pyrénéens
Boite de chocolats Les Pyrénéens

Tout d’abord, Les Pyrénéens, c’est une histoire. Une histoire qui débute en 1924, lorsque Maurice Rozan de Mazilly fonde la Chocolaterie de Rozan, à Oloron Sainte-Marie. En 1925, après un séjour à Vienne où il avait dégusté une pâtisserie au fourrage glacé, le Maître Chocolatier décide de créer un chocolat qui donne la même sensation que la pâtisserie autrichienne, une agréable et subtile sensation de fraîcheur en bouche. Il n’y parviendra que deux ans plus tard, après de nombreux essais et beaucoup de travail. Le chocolat Les Pyrénéens est ainsi né en 1927, dans une petite ville du Béarn, pas trop loin de Pau, au pied des Pyrénées.

Maurice Rozan de Mazilly

Maurice Rozan de Mazilly est né en 1893, à Rouen. Sa famille était pauvre, son père décédé alors qu’il n’avait que 13 ans. Il décide de quitter le lycée pour alléger sa mère, en charge de ses cinq enfants, et parti en tant que mousse sur des voiliers. Il sera notamment l’une des dernières personnes à franchir le Cap Horn ! En 1914, il s’engage volontairement dans l’armée pour combattre l’ennemi. Il en reviendra avec le visage arraché : c’est une « gueule cassée », et il passera deux ans à l’Hôpital du Val de Grâce, subissant une vingtaine d’opérations et d’atroces souffrances. Mais Rozan de Mazilly est d’un moral à toute épreuve, d’une volonté de fer inébranlable, et devient chocolatier en région parisienne. Il partira fonder sa propre entreprise à Oloron Sainte-Marie en 1924. Aidé par un milliardaire américain, Franck G. Gould, il pourra développer son entreprise jusqu’à attirer l’attention des grands chocolatiers suisses Lindt.

Rozan suggère à  Lindt, en 1953, de venir à Oloron Sainte-Marie implanter une de leurs usines de chocolat. En 1956, la mort de l’actionnaire principal, et le manque d’intérêt pour les choses chocolatées de sa succession virent la Chocolaterie de Rozan passer définitivement sous le contrôle des suisses. Mais Rozan de Mazilly ne s’en plaignait pas, bien au contraire : entre lui et Lindt, une relation de confiance, s’était établie, et ne sera jamais remise en cause. Il était par ailleurs resté président d’honneur de l’entreprise.

Oloron Sainte-Marie vaut sûrement le détour, non seulement à cause de cette histoire riche en chocolat, mais également à cause de son patrimoine historique : la cathédrale est classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. On ira sûrement là-bas dès que nous passerons par les Pyrénées, et bien sûr, on ne manquera pas de visiter la Maison des Maîtres Chocolatiers de Lindt et Sprüngli qui s’y trouve ! On peut y découvrir les secrets de fabrication du chocolat dans leur laboratoire (enfin… ceux qu’ils veulent bien nous montrer), et faire nos emplettes en chocolat dans la Factory Shop, qui vend des produits de l’usine de chocolat, toute proche.

Lindt

Lindt & Sprüngli voit son histoire débuter en 1845 à Zurich en Suisse, quand un père et son fils fabriquent pour la première fois un chocolat solide dans leur petite boutique. C’est en 1899 que cette entreprise familiale rachète la manufacture de chocolat de Rodolphe Lindt, et devient l’entreprise que l’on connait aujourd’hui.

Le Chocolat Les Pyrénéens, le chocolat frais de Noël !

Les chocolats de Lindt sont évidemment des chocolats venus d’une usine. Un produit industriel, fabriqué en de quantités astronomiques chaque année, c’est sûr. Mais ceci n’empêche en rien sa grande qualité gustative ! J’ai vu des critiques aux Pyrénéens, disant que c’était mille fois moins bon que les produits d’un chocolatier artisan de quartier. Sincèrement, même si je trouve les chocolats directement fabriqués chez l’artisan excellents, ça ne m’empêche pas d’apprécier également ceux achetés en supermarché. La petite histoire de Maurice Rozan de Mazilly est là pour nous le rappeler : Les Pyrénéens aussi étaient un pur produit artisanal d’une petite chocolaterie d’une ville de province ! La question est de savoir si le produit actuel est aussi bon que l’original de 1927. Je n’y étais pas pour goûter le chocolat, mais sincèrement, je ne crois pas que Rozan de Mazilly, mort en 1984, aurait laissé son invention perdre des qualités, surtout que ce chocolat français n’est vendu qu’en France, et n’a donc pas à s’adapter au goût parfois fade du grand public international. Il n’y a qu’à voir les ingrédients : pas de produits chimiques à l’horizon. Du chocolat, des noisettes, des amendes, ça, oui.

La recette est secrète, mystérieuse, et est gardée par les Maîtres Chocolatiers de Lindt. Il existe plusieurs suppositions, parfois très farfelues, sur ce qui donne cette caractéristique fraiche au chocolat, ce goût inimitable. Je ne ferais pas de théorie ici, je me limite juste à constater que le chocolat est ultra fondant, délicieux, et gras comme il faut ! Pas étonnant que ce soit à chaque Noël l’un des chocolats les plus consommés sur le marché. Pas étonnant non plus que les calories de ce chocolat soient pudiquement passées sous silence…

Il existe plusieurs versions de ce plaisir coupable auquel on s’adonne toutes les fins d’années : au chocolat au lait, mes préférés, mais aussi blancs, noirs, en rocher… il y en a pour tous les goûts. On apprécie également les différents emballages, s’adaptant à chaque type de cadeau que nous voulons faire, que ce soit en ballotins, ou en boites en carton. Même la feuille d’alu qui emballe les chocolats donne cette sensation de fraicheur, avec un très bel effet glacial argenté ou doré, suivant la saveur de chocolat choisie. Nous, comme c’était pour notre conso personnelle, on a pris la grosse boite en carton ! Mais nous sommes raisonnables : deux chocolats de temps en temps, il ne faut pas trop en manger, pour bien apprécier ce goût unique. De toute façon, trop en manger, ça écœure, un peu comme le beurre.

Le chocolat tendre fond doucement en bouche. Si on vient de le retirer du frigo, comme conseillé par Lindt, c’est encore meilleur, on sent toute cette sensation de fraicheur si caractéristique. Il n’y a pas de doute pour moi, Noël, c’est le bon moment pour manger plein de bonnes choses, mais si vous voulez mon avis, mieux vaut en manger raisonnablement pendant tout le mois de décembre plutôt que de s’empiffrer une seule journée par an.

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